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Tribune : mort de Kouffa…et après ?

Le 25 novembre 2018, l’armée malienne a confirmé la mort de l’un des principaux leaders du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans(GSIM), Hamadoun Kouffa. Selon les communications officielles, le prédicateur aurait péri, dans la nuit du 23 novembre, lors d’un raid mené conjointement par les forces armées maliennes et françaises.

La mort de cette figure emblématique du djihad dans le centre du Mali constitue un traitement symptomatique dans la lutte contre un cancer. Alors que tout le pays jubile parce qu’on « a coupé la queue du serpent », la tête venimeuse continue de répandre son poison. Comme en janvier 2013, les forces armées françaises intervenant dans le pays choisissent « quand »et « où »mener des opérations conjointes avec les forces armées maliennes.

Comme disent les criminologues, à qui profite le crime ? A qui profite l’absence des forces armées maliennes au nord du pays ? Qui tire les ficelles et pour quelle raison ? Personne n’est dupe et il n’est point besoin d’être spécialiste des renseignements ou du Sahel pour comprendre que la tragédie qui se joue au centre du Mali est entretenue pour distraire, pour oublier les enjeux dans le septentrion malien.

Au cours des prochains mois, les commentaires iront bon train sur la mort de Hamadoun Kouffa, le souffre-douleur de l’insécurité au Mali. Les médias français commentent déjà cette grande victoire de l’armée française contre l’insécurité au Mali. Pourtant, cette mort, si elle est avérée, ne doit pas occulter la problématique « Iyad Ag Ali ». Qu’en est-il du parrain de la Katiba, l’homme par qui tout est arrivé au nord du Mali ?

La réponse à cette question devra déterminer les postures. Iyad Ag Ali, le serpent venimeux, vit tranquille, au nez et à la barbe de ceux qui peuvent déceler une aiguille dans le désert à des kilomètres. Dans le nord du Mali, à Kidal, fief du chef des terroristes actifs au Mali, les forces armées maliennes, ne sont pas les bienvenues pour mener des opérations conjointes.

Les récents évènements doivent être une opportunité pour les Maliens d’ouvrir les yeux. La disparition de Kouffa, confirmée ou pas, ne fera pas éteindre d’un coup de baguette magique les foyers de tensions inter et intracommunautaires. La seule arme qui vaille contre tous les serpents venimeux, avec ou sans queue, demeure la lutte du peuple contre l’impunité et l’injustice, qui gangrènent l’administration malienne. La mal gouvernance est la racine de tous les serpents du nord, du centre et du sud du pays.

Tant que l’impunité et l’injustice perdurent, les serpents de mer de sable et des savanes prolifèreront, avec ou sans protection des « Gaulois ». Les Maliens doivent réaliser qu’ils ne peuvent compter que sur eux-mêmes.

Yachim Maïga

Kinshasa, République Démocratique du Congo

Les opinions exprimées dans cette tribune ne reflètent pas nécessairement la position de Perspective Intelligence! 

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