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Adema-PASJ: de quoi la candidature de Dioncounda Traoré est-elle le nom ?

Dans moins de 140 jours, le mandat du président Ibrahim Boubacar Keïta, investi à la tête du Mali le 4 septembre 2013, prendra fin aux termes de la constitution.  Le premier tour de la présidentielle est prévu pour le 29 juillet prochain. A cet effet, de nombreuses candidatures ont été déjà annoncées. La majorité présidentielle, qui semble affaiblie avec les récentes désertions, n’a pas encore officiellement présenté son candidat. D’ailleurs, l’Adema-PASJ, l’un des plus grands partis en son sein, devenu incontrôlable depuis le départ de son mentor Alpha Oumar Konaré (2002), vient de valider la candidature de l’ancien président de Transition, Dioncounda Traoré, au nom du parti pour la course à la présidentielle.

Cette candidature est le résultat d’un processus bien plus long que les quelques semaines de discussions difficiles et fortement médiatisées au sein du Comité exécutif du parti et de la commission de candidature, qui l’ont finalement avalisée. Avant les travaux de ce comité, la tendance au sein du parti qui voulait une candidature interne, appuyée par certaines sections et cadres, avait déjà̀ conçu le processus en deux temps: l’obtention du principe de candidature interne, suivie du choix d’un candidat consensuel, en l’occurrence Dioncounda Traoré. Pourtant, l’intéressé lui-même n’a pas encore, publiquement, affirmé sa volonté de briguer la magistrature suprême et d’être un des challengers du président IBK. Au-delà des considérations politiques et personnelles, quelques éléments du contexte de cette candidature méritent d’être mis en relief.

Le premier tient à l’échec du renouvellement de l’élite au sein de l’Adema-PASJ et, dans une large mesure, dans le pays. Depuis quelques années, le défi du renouvellement de l’élite politique se pose avec acuité au Mali. Au sein de l’Adema-PASJ, l’émergence de jeunes activistes, depuis la candidature de Dramane Dembélé en  2013, avait été perçue comme un terreau fertile au déclenchement d’un processus qui pourrait aboutir à une transition entre l’ancienne génération et les nouveaux leaders majoritairement jeunes. Si ce débat au sein du parti était plus suivi, il n’en demeure pas moins indispensable pour les autres formations politiques du pays. Aujourd’hui, nombreux sont ceux qui estiment que le rajeunissement de l’élite du pays passe nécessairement par l’émergence de jeunes dans les instances décisionnelles des partis et groupements politiques. Finalement, la candidature de Dioncounda Traoré, qu’il accepte ou qu’il décline par la suite, illustre l’échec des jeunes qui doivent encore apprendre à remporter les batailles internes avant celles nationales.

Le second élément tient aux prémices d’une nouvelle implosion au sein de l’Adema-PASJ. Les observateurs de la scène politique malienne estiment, pour la plupart, que le parti pourrait difficilement survivre à cette énième implosion. Si la personne de Dioncounda  Traoré fait l’unanimité au sein du parti, sa candidature, en raison de la configuration politique actuelle du pays, divise au plus haut niveau .

En fin de compte, Dioncounda Traoré pourrait être candidat à la présidentielle de 2018 ou pas. Dans tous les cas, avec le degré d’aboutissement de cette candidature, le dernier mot, qui lui revient, fera tâche dans les dissensions au sein du parti. Sa décision pourrait amoindrir ou amplifier la fracture déjà consommée au sein de la ruche.

La rédaction

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